vendredi 27 janvier 2017

SAINT-SEINE : LE RETOUR DES NUITS DE L'ABBAYE


Le 24 juin prochain, on ne sait pas qui sera président de la République ni qui seront les députés de la Côte-d’Or, et au fond peu importe : Saint-Seine l’Abbaye et son grand canton entendent bien renouer avec leur trésor musical, les Nuits de l’Abbaye, festival d’art vocal né en 2013 par la grâce de la conseillère départementale et maire de Val Suzon (Catherine Louis) et surtout de deux artistes exceptionnels, Claude Bazenet-Stochl la pianiste – résidente estivale de Saint-Seine – et le chef d’orchestre, compositeur et ténor Philippe Forget – le maestro de l’Opéra de Lyon –.

Plus de doute


Il y a eu, pour ce festival, un léger doute depuis deux ans : pas facile d’installer un lieu musical d’excellence en un lieu historique, certes, mais délaissé des grandes voies de communication estivales. Pourtant, personne en Côte-d’Or ou ailleurs, n’a oublié le Schubert du duo Florestan et encore moins l’œuvre spatio-temporelle de Philippe Forget, Specchio/Miroirs donnée avec le renfort des voix féminies de 4Anima. De tels artistes en résidence, puis en concert, c’est du « plus » pour un village historique et un regain d’intérêt pour une basilique peu commune et son histoire qui l’est encore moins.

Et parce qu’il y a, dans ce canton aux « forêts d’excellence », de quoi planter de beaux jalons pour l’avenir,  parce qu’il y a aussi des « bénévoles » qui offrent gîte, temps et sourire aux artistes invités – on pense au maire de Saint-Seine Daniel Malgras, au couple des docteurs Meyer, à Françoise Frochot et tant d’autres –, le festival des Nuits de l’Abbaye est reparti pour un sacré tour ! Ce sera donc les 24 et 24 juin prochain : trois concerts qui feront courir les foules, sur l’idée centrale qui va du Danube … à la Seine, avec Claude Bazenet et Elsa Cantor au piano, Philippe Cantor et Philippe Forget à la voix !

Exposition Ivan Stochl 

 D’ici là, il va s’agir de convier bien des mélomanes des environs côte-d’oriens à venir grossir les rangs des adhérents de l’association Florestan, il va s’agir de faire en sorte que personne ne traverse ni Val Suzon ni Saint-Seine sans remarquer qu’il y a là un festival hors normes, il va s’agir de trouver subventions et sponsors, il va surtout s’agir de rameuter touristes et résidents de toute la Bourgogne pour que ces Nuits de l’Abbaye soient enfin complètement réussies.

À l’heure de la fête de la musique et de l’arrivée de l’été, l’Office de Tourisme de Saint-Seine vaudra qu’on s’y arrête : pour y trouver bien sûr tous les renseignements sur le festival, mais aussi pour admirer, contempler, voire acquérir une des œuvres picturales d’Ivan Stochl – le célèbre clarinettiste, oui, oui ! – qui sont elles aussi une forme de réponse aux modes intemporels de la musique de Philippe Forget.

Plus personne, désormais, n’aura d’excuse pour éviter Saint-Seine fin juin prochain !


Michel HUVET


mercredi 7 décembre 2016

QUAND DIJON RIME AVEC MACRON


 
Caricature de Patrick Grillot
Il y a moment qu’à Dijon on s’interroge sur la tactique de François Rebsamen vis-à-vis de la situation pré-électorale en France. Et d’abord vis-à-vis du très énigmatique Emmanuel Macron, qui part au feu en solo avec ses dents blanches et son passé rotchildien sans que cela émeuve beaucoup ses anciens partenaires socialistes du Gouvernement, dont le maire de Dijon a fait partie.

 Une adjointe pro-Macron

Et puis il y a l’attitude très exposée de certains élus de la majorité rebsaménienne qui n’hésitent pas, à l’instar d’une adjointe Modem telle que Danièle Juban, à clamer haut et fort leur soutien plein et entier au bel Emmanuel. Étrange, se disent les observateurs, que le maire laisse ainsi une adjointe clamer partout son soutien à ce Macron qui ne veut même pas entendre parler de la primaire socialiste et joue comme ça les diviseurs d’une majorité déjà si mal en point.

Un autre observateur attentif, et diplômé, de la vie politique locale et nationale, Claude Patriat pour ne pas le nommer, et qui se dit « citoyen de Dijon », vient de nous offrir une nouvelle tragi-parodie « en trois actes augmentés d’un quatrième », qui s’intitule La Mort de Pompée (1) et dans laquelle, en vers racino-cornéliens, il semble démontrer que le nommé Macronius ne veut tuer le très hollandais Pompée que pour mieux servir ses desseins et ainsi sauver la majorité actuelle.

Venger Pompée 

Je lis ceci,  au troisième acte, dans la bouche de Macronius, qui prend tout son relief après la déclaration de non candidature du-dit Pompée :

« Que s’est-il donc passé ? Ils l’ont assassiné ?

« Les lâches l’ont tué pour enfin assouvir

« Leur désir du pouvoir objet de leur délire ?

« Assassins d’empereur, vous m’avez pris mon père !

« De tous les dieux vengeurs, subissez la colère !

« Que n’étais-je avec lui dans ce moment final

« Pour détourner sur moi le poignard si fatal !

« Mon âme est toute acquise à vouloir le venger. »

Tout est dit. Et bien dit, d’autant qu’intervient dans cette parodie un certain Fanfanus qui pourrait bien être le frère accidenté et encore sénateur de l’auteur Claude Patriat et dont on sait le soutien qu’il apporte à Macronius depuis qu’il a quitté le duché de Bourgogne.

Et pour cournonner le tout, voilà que François Rebsamen se dévoile enfin : il lance un appel vibrant à Emmanuel Macron pour qu’il rejoigne le camp des affidés de ce Pompée finissant qui aurait sacré lui-même ce Macronius étincelant.

À suivre de près, non ?


Michel HUVET

(1) La Mort de Pompée par Claude Patriat, imprimerie ICO, novembre 2016. On trouve facilement le petit livre à la librairie Au Chat curieux, 11 rue des Bons-Enfants à Dijon (près de la place du Théâtre)